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Un petit tour dans l’infini.

Avril est là, le ciel s’éclaircit et les étoiles sont à notre portée. Profitons-en pour scruter la voute céleste et trempons-nous dans l’infini. Infini, ce mot incompréhensible pour nous qui vivons dans un monde fini.Est infini tout ce qui n’a pas de fin. Il y a des infinis subjectifs, comme celui de la souffrance. Lorsqu’on a mal il nous semble que cela ne finira jamais et cela ajoute à notre détresse et c’est contre cet infini de la souffrance que Victor Hugo s’insurge dans ses « Contemplations ».

Espérez ! espérez ! espérez, misérables !
Pas de deuil infini, pas de maux incurables,
Pas d’enfer éternel !
Les douleurs vont à Dieu, comme la flèche aux cibles ;
Les bonnes actions sont les gonds invisibles
De la porte du ciel.

Mais il n’y a pas que la souffrance, parfois le bonheur nous donne aussi un sentiment d’éternité tout aussi illusoire quoi que plus savoureux. Les infinis dont nous allons parler ne sont liés ni à la souffrance ni au bonheur mais au monde réel et même au-delà du réel que nous pouvons percevoir et comprendre, l’infini de l’espace et l’infini du temps qui nous interpellent dès l’enfance en contemplant le ciel, en nous interrogeant sur ce qu’il y avait avant ou après nous, avant ou après l’humanité, la matière. Notre esprit est plus à l’aise dans ce qui est limité comme dit Rousseau dans ‘’L’Emile’’;

– Mais quelle est cette vie ? et l’âme est-elle immortelle par sa nature ? Mon entendement borné ne conçoit rien sans bornes : tout ce qu’on appelle infini m’échappe. Que puis-je nier, affirmer ? quels raisonnements puis-je faire sur ce que je ne puis concevoir ? Je crois que l’âme survit au corps assez pour le maintien de l’ordre : qui sait si c’est assez pour durer.

On ne peut guère penser ou conceptualiser l’infini mais on peut en faire l’expérience personnelle. L’accueil de l’infini en nous provoque un grand courant d’air dans le petit monde de notre vie. Se confronter à l’infini est ainsi une des expériences les plus mystérieuses que l’on puisse vivre. Contempler la voute étoilée par exemple. Face au grand vertige nous cherchons des repaires en nomment les étoiles et les constellations puis peu à peu nous lâchons cela nous nous laissons aspirer par l’essentiel nous sommes sur le bord du précipice de l’infini. Alors que faire ? on peut se jeter dans les bras d’un Dieu qui est lui-même infini et qui saura le moment venu nous expliquer le mystère et nous rassurer. On peut aussi rester dans les bras du mystère, laisser se dissoudre nos peurs et nos vertiges dans la contemplation, ne pas chercher à comprendre mais seulement à éprouver et à admirer, on en sortira apaisé et chamboulé dans cet état étrange de bouleversement calme qui est la marque de la fréquentation tranquille de l’infini. On peut enfin se donner la main entre humains, se rappeler que ces étoiles ont été contemplées par des milliards de nos semblables depuis que notre espèce existe, que leur contemplation a engendré dans leurs esprits le même tumulte, la même admiration et le même effroi que ceux que nous éprouvons, se rappeler que nous hébergeons en nous l’infini de l’amour et de la tendresse. Roger-Pol Droit un philosophe contemporain dit ;
– L’esprit humain est étroit mais ouvert sur l’infini.
Nos repères habituels sont bouleversés : ce que nous voyons n’existe déjà plus (nous percevons la lumière d’étoiles mortes depuis des milliers d’années).
– De notre mieux, restons ouvert sur l’infini comme sur tout le reste.

DS