
Avez-vous remarqué que plus on avance dans l’âge plus une inclination à envisager l’existence d’une déité se renforce ou se fait sentir ? Je ne parle pas des gens convaincus au plus profond d’eux-mêmes de l’existence d’une divinité créatrice, mais de ceux qui doutent ou rejettent toute croyance. Il est temps pour eux de lire Blaise Pascal, « Humiliez-vous, raison impuissante ; taisez-vous, nature imbécile ». C’est son fameux pari. Il ne cherche pas à prouver que Dieu existe, mais à montrer qu’il est rationnel de croire en Dieu. Pour ma part il est hypocrite de rejeter ses convictions, mais quand le précipice est devant nous et que le saut est inéluctable, on espère qu’un bon matelas nous attend en bas. Cette digression pour dire que même si la probabilité que Dieu existe est faible, le gain potentiel est infini. Donc, d’un point de vue rationnel et “mathématique” : Il vaut mieux parier que Dieu existe car on ne risque presque rien, et on peut gagner infiniment. L’homme désire l’infini, le bonheur stable, le sens ultime sauf que le monde fini qu’il occupe ne peut pas combler ce désir.
Le pari n’est pas bête du tout à moins que le Dieu concerné soit quelqu’un à qui »on ne la lui fait pas » et qui pourrait réponde ; « toi mon coco, c’est une foi intéressée que tu m’offres, aussi.. ?»
Il n’aura pas été pris en compte que croire n’est ni automatique ni facile. D’autant que les religions qui enseignent Dieu sont barbares et cruelles. On leur doit la plupart des guerres. L’homme est balloté pour se qui est de la croyance mais doit rester méfiant envers l’orgueil de la raison. Cependant, pour l‘athée il n’y a pas de sens ultime à la vie, pas de justice définitive, pas d’espérance face à la mort. Pas facile n’est-ce pas ?
Kierkegaard voit la foi comme un engagement personnel, devant lutter contre la toute-puissance de la raison. C’est « open bar ». Lui ne passe pas par la religiosité, mais il n’est pas donné à tout le monde de zapper les religions dans la mesure où elles sont comme les cultures, l’éducation, »du bourrage de crâne ».
Tout cela n’est pas simple, il est difficile d’aller contre nature aussi sommes nous tiraillés entre le rationnel et l’intériorité. De là, c’est la réflexion de Saint Augustin qui parait correspondre le plus à l’être humain ; « Notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Dieu. »
Mon propos n’est pas ici de coller les jetons à quiconque à une fin d’encouragement à la fréquentation les offices religieux ou à une totale conversion à la croyance mais à une réflexion sur l’angoisse, le désespoir, la finitude humaine. Le sujet est délicat et je pense que la foi doit être avant tout un engagement personnel et non pas une preuve logique. La philosophie des religions est à mon sens plus saine que les religions elles-mêmes et par dessus tout, créer sa propre éthique de la vie avec comme préceptes la quête du vrai et du bien malgré une mort inéluctable, vaut toutes les religions et toutes les philosophies.
J’oubliais ! à supposer que je doive débuter dans une croyance, quel Dieu choisir ? chrétien, musulman, autre ?
DS
